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La création du CDR et ses raisons

Vers la fin de l’année 1976, et après pratiquement deux années d’évènements douloureux et particulièrement destructeurs, tant au niveau de l’infrastructure qu’à celui des institutions publiques et des ministères, qui souffraient d’un manque aigu en ressources humaines et en équipements, et suite au rétablissement de la sécurité par l’entrée de la Force de Frappe Arabe dans le pays, le gouvernement a jugé nécessaire de créer un nouvel organisme public qui serait à même de prendre en charge l’énorme tâche de la reconstruction du Liban.

Parallèlement, les pays amis qui souhaitaient aider le Liban dans son effort avaient besoin d’un interlocuteur fiable pour négocier et canaliser au mieux cette aide, tout en planifiant les priorités pour sa mise en œuvre, surtout que le Ministère du Plan n’existait plus.

C’est ainsi que le décret loi no. 5 du 31 janvier 1977 instituait le Conseil du Développement et de la Reconstruction. Celui-ci était chargé de trois missions principales : planifier et programmer la reconstruction et le développement, assurer le financement des projets ainsi formulés, et en superviser l’exécution et l’exploitation en contribuant à la réhabilitation des institutions publiques, et assumer la charge de l’exécution de projets sur instruction du Conseil des Ministres.

Le CDR, contrairement aux autres administrations, était une institution autonome dotée de prérogatives étendues, et relevant directement du Conseil des Ministres par l’intermédiaire du Président du Conseil des Ministres ; il échappait ainsi à la routine administrative. Ces dispositions avaient été arrêtées pour permettre l’accélération du processus de reconstruction, et pour donner le temps aux institutions publiques de se refaire une santé après avoir été dévastées durant les évènements.

Ceci explique pourquoi la compétence, l’intégrité, la formation et l’expérience étaient les critères principaux qui ont conditionné le choix des responsables de cette nouvelle institution avant-gardiste, qui est restée et qui reste l’interlocuteur incontournable en matière de planification, de financement, et même d’exécution des projets, puisque l’évolution au cours des régimes qui se sont suivis, comme on le remarquera ci-dessous, a placé le CDR devant de plus grandes responsabilités dans ce domaine.

Le CDR est donc, dans la hiérarchie institutionnelle, l’instrument phare auprès du Conseil des Ministres, suivant ses instructions et tenu de coordonner  ses actions sectorielles avec les ministères concernés.

Aperçu Historique et Structure Administrative

Le décret loi 5/77 stipule que le Conseil d’Administration du CDR doit être constitué au plus de douze membres, parmi lesquels quatre sont nommés à temps plein pour cinq ans, et forment le Bureau du CDR, alors que les membres à temps partiel étaient nommés pour trois ans. Ces dispositions ont été appliquées au départ, mais avec le changement de régime, un nouveau décret a institué un Conseil d’Administration formé de six Directeurs de départements nommés tous pour cinq ans : la présidence, les projets, les programmes, les finances, les affaires juridiques et administratives et l’informatique. Ceux-là ont exercé leurs fonctions jusqu’à fin 1990, malgré le vide présidentiel et la dualité gouvernementale, date à laquelle le gouvernement a de nouveau nommé un Conseil d’Administration de douze membres conformément au décret loi 5/77. Et c’est sur cette base que se poursuit la gestion du CDR, bien que le nombre des membres à temps partiel du Conseil d’Administration ait varié au cours des années : aujourd’hui par exemple, outre les membres du Bureau, seulement trois membres à temps partiel complètent le Conseil d’Administration. Et depuis Janvier 1991, un délégué du gouvernement ayant des attributions de contrôle et des prérogatives bien précises seconde le Conseil d’Administration et assiste à ses réunions.

Le personnel, à la fois technique et logistique, était recruté surtout  selon des critères de compétence et d’expérience. Très peu nombreux au départ ce personnel a été étoffé au fil des ans de manière à pourvoir aux postes prévus dans l’organigramme, qui lui aussi a subi plusieurs amendements selon les besoins. Aujourd’hui, outre les bureaux de la présidence, des membres du Conseil d’Administration et du Délégué du Gouvernement, le CDR compte six administrations principales : la planification et la programmation, les projets, le financement des projets, les finances, les affaires juridiques et  les affaires administratives. Chacune de ces administrations est constituée de plusieurs départements. Entre spécialistes (ingénieurs, économistes, financiers, juristes, etc), et personnel d’appoint (secrétaires, chauffeurs, plantons, etc), le CDR compte près de deux cent cinquante employés ; de plus une campagne de recrutement a été lancée dernièrement par l’intermédiaire du Conseil de la Fonction Publique pour pourvoir aux postes encore vacants.

L’évolution de la mission du CDR

Le démarrage des activités du CDR fut laborieux, ce qui peut facilement se concevoir, le recrutement de collaborateurs qualifiés et l’établissement d’un plan d’action prenant du temps, surtout dans le climat d’insécurité qui prévalait. Durant la première période, le CDR s’est attelé à élaborer des avant-projets de plans directeurs sectoriels, en commençant par la formulation de termes de référence adéquats ; puis à négocier des financements destinés à différents projets prioritaires ; son action relative à l’exécution de projets fut limitée, notamment à la réhabilitation des routes côtières et principales ; le CDR s’est aussi intéressé à assurer des prêts bonifiés aux entreprises industrielles et agricoles ayant subi des dommages durant les évènements. Une ébauche d’un Plan global de reconstruction fut publiée, et une réunion des pays et organismes donateurs fut organisée sous l’égide de la Banque Mondiale en 1983.

Suite aux changements de régime, le CDR s’est trouvé sollicité pour des tâches supplémentaires concernant notamment un engagement plus accentué dans l’exécution des projets ; le gouvernement a en effet commencé par transférer les activités de la Commission de Développement de l’Aéroport International de Beyrouth et de la Commission Portuaire au CDR; puis à une période ultérieure, il a décidé de transférer au CDR tous les dossiers relatifs aux projets de la ville de Beyrouth et aux projets à l’échelle du pays (comme les autoroutes), et de fermer les institutions qui en avaient la charge, à savoir le Conseil Exécutif des Projets de la ville de Beyrouth, et le Conseil Exécutif des Grands Projets. Ceci montre clairement que le CDR était devenu l’instance en charge de tous les grands projets de reconstruction et de développement du pays, tenu de rendre compte au  Conseil des Ministres, et de coordonner  ses actions sectorielles avec les ministères concernés.

Le CDR a simultanément assumé ses responsabilités dans les domaines de la planification et du financement des projets.

Le CDR a mené des négociations bilatérales et multilatérales avec les pays amis et les organismes de financement, et il a tenu plusieurs conférences des pays donateurs ; il a pu ainsi disposer d’un montant important en prêts bonifiés, en prêts commerciaux et en dons pour financer les projets dont il avait la charge.

Par ailleurs, outre les différents schémas directeurs sectoriels, le CDR a initié plusieurs opérations de grande envergure dans le domaine de la planification, notamment l’élaboration d’un Plan d’Aménagement du Territoire qui a déjà été soumis au Conseil des Ministres.

Aujourd’hui, sous les directives de son Président Nabil El Jisr, et secondé par les six membres du Conseil d’Administration, le CDR a atteint sa vitesse de croisière, et s’attelle aux multiples tâches qui lui sont confiées dans le but de pourvoir aux besoins des citoyens dans les différentes régions libanaises, et de contribuer à améliorer leur niveau de vie.